jeudi 5 avril 2018

Du bon usage des aides à la recherche scientifique

J’ai toujours eu des goûts particuliers. Du plus loin que je me souvienne. Je n’ai jamais été folle de Brad Pitt, je n’aime pas le shopping, et j’étais amoureuse de Ranma Saotome (dans ses deux formes) quand j’étais gamine. Ça vous pose une personnalité.

Du point de vue des jeux vidéo, c’est pareil. J’étais fan d’un jeu étant petite, c’est « The Seventh Guest », qu’approximativement 2 autres personnes connaissent dans mon entourage (l’une étant mon père, qui a acheté le jeu, et l’autre étant ma mère, que j’ai bassiné avec). J’avais 9 ans, et j’y jouais sur CDI (omagad, le CDI, ça nous rajeunit pas tout ça !), pendant que tout le monde s’acharnait sur Street Fighter II, Mario, ou – faites pas vos pudiques offusquées – Aladdin, le jeu de plateforme qu’au moins les 3/4 de mes amis connaissent.

Ou pire… Tétris. Ce jeu russe démoniaque.

JEU RUSSE DÉMONIAQUE, oui, j’insiste. Et ce n’est pas mon sang polonais qui parle, là, hein, Tétris, c’est VRAIMENT le DIABLE mis sur une disquette 3" ½ ou n’importe quel autre support disparu dans les méandres de notre mémoire collective.

TETRIS. Ce jeu te donnant l’impression d’un mauvais trip sous acides, où tu visualises ta vie s’achever à chaque ligne supplémentaire. Et ces maudits tétrominos, avec leur code couleur changeant quasiment à chaque nouvelle mouture… et je ne vous parle même pas de cette musique maléfique, réussissant à elle seule à faire entrer en transe les personnes les plus solides de ce monde.

Ils sont quelques uns à pouvoir attester de l’état dans lequel je me mets lorsque je joue à des jeux-vidéo stressants. Je ne sais pas trop ce qui se passe, je me transforme en espèce de démon hystérique qui hurle à la Lune. Je peux même chialer, convulser, et envoyer valdinguer la manette à travers la pièce. Oui, c’est là qu’on remercie les inventeurs des manettes sans fils, au moins quand tu la balances, ça n’embarque pas la console dans sa chute, c’est toujours ça d’économisé.

BREF, je me transforme. Ah ça, il faut me voir jouer à Tomb Raider, lorsqu’un tigre apparaît. Je suis capable de tourner en rond pendant 10 minutes pour finir par me faire bouffer parce que « mais ça va pas, je vais pas tuer un tigre quand même, il est en annexe I de la cites, merde ! »… Oui. Pathétique.

J’ai aussi souvenir d’une tentative ratée à regarder un ex jouer à Alone In The Dark 4. Mais quel est le con qui a eu l’idée de foutre pléthore d'images subliminales de monstres (regardez au ralenti, ça va vous sauter aux yeux)(à vitesse normale, je les vois toutes)(et me vient l'envie de m'arracher les yeux) dès les premières minutes du jeu ? Vous auriez dû voir mon état, c’était quand même comique.

Alors Tétris… sujet d’angoisse pour moi. J’ai vraiment l’impression que ma vie est en jeu. Donc.

Sachez que là, je m'apprête à associer un syndrome psychologique au jeu Tétris. Il s'agit du stress post-traumatique. Alors non, pas dans le sens où jouer à Tétris pourrait entraîner chez vous un stress post-trauma hein... pire.

Tétris pourrait soulager les traumatismes.

Peut-être qu’on soigne le stress par le stress, chez eux. Genre tu as vu des images horribles, ça te stresse, alors on te balance du Tétris. Ah c’est sûr, t’en oublies les images d’avant hein, à lutter pour ta survie dans ce jeu inventé par Satan. J’ai bien envie d’appeler ça « soigner le mal par le mal ». T’as mal à la jambe ? Viens, je vais te mettre un pain dans la gueule, tu vas vite oublier que t’as mal aux pattes mon gars. Efficacité immédiate, mais relative.

Après, s’il y a un truc que je sais par rapport aux légers stress post-traumatiques (oui, excusez-moi, mais les pubs contre l’alcool au volant, on a trouvé bien plus traumatisant hein, quand même), c’est que plus vite tu te lances à corps perdu dans une autre activité, plus vite tu oublies ce que t’as vu. Genre après avoir vu « It », je te conseille d’apprendre au moins le C++, ça soulagera un peu tes maux. Mais pense à regarder sous ton lit, on sait jamais.

Ou alors, vraiment, Tétris a un côté reposant et calmant. Mais alors là, vu l’état dans lequel j’ai foutu ma GameBoy la seule et unique fois où j’ai joué à ce jeu… J’en doute. Oui, j’ai explosé ma console par terre, avec toute la force de la frustration dont est capable une gamine capricieuse de 10 ans.

Ce jeu est DÉMONIAQUE.


Article publié initialement le 13 novembre 2010 sur Coin Coin dans ta Face